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Bâtons de ski : à quoi ils servent et comment les choisir

Le bâton est le seul élément de l’équipement de ski qu’on achète presque au hasard, souvent en dernier et souvent trop long. C’est dommage : c’est aussi…

Par Publié Mis à jour Lecture 5 min
choisir bâtons ski

Le bâton est le seul élément de l’équipement de ski qu’on achète presque au hasard, souvent en dernier et souvent trop long. C’est dommage : c’est aussi celui dont le réglage se ressent immédiatement sur la position du corps, et dont le rôle dépasse largement le fait de « pousser sur les plats ». Voici à quoi il sert vraiment, et comment choisir le sien.

À quoi servent les bâtons

  • Déclencher le virage. Le planté de bâton oriente le buste vers l’aval et donne le signal du changement d’appui. C’est la fonction principale, et de loin.
  • Rythmer. Sur une série de virages courts, le planté donne la cadence : un planté, un virage, sans y penser.
  • Équilibrer en dévers, sur neige irrégulière, en poudreuse profonde.
  • Propulser sur les longs plats et les chemins de liaison, ceux où les snowboardeurs déchaussent.
  • Dépanner : se relever après une chute, déclipser une fixation, sonder l’épaisseur de neige.

Le planté de bâton mérite qu’on s’y arrête. On avance la main vers l’aval, poignet souple, et l’on touche la neige : le mot « planté » est trompeur, il ne s’agit pas d’appuyer. Ce contact fait pivoter le haut du corps vers la pente, et les skis suivent le buste. Sa seconde vertu est posturale : pour toucher la neige devant soi, il faut avoir les mains en avant, donc le poids sur l’avant des skis. C’est pourquoi un moniteur qui voit un skieur en arrière lui parle de ses bâtons avant de lui parler de ses jambes.

La taille, d’abord

Deux méthodes donnent le même résultat. La méthode de l’essayage : bâton retourné, pointe en l’air, on saisit la tige juste sous la rondelle ; le coude doit former un angle droit, avant-bras horizontal. La méthode du calcul : taille du skieur multipliée par 0,77, arrondie à la taille commerciale la plus proche, les bâtons se vendant de cinq en cinq centimètres.

Taille du skieurBâton de ski alpin
1,50 m115 cm
1,60 m120 à 125 cm
1,70 m130 cm
1,80 m135 à 140 cm
1,90 m145 cm

Deux ajustements se justifient. Un bâton légèrement plus court convient à qui skie volontiers en position basse, en pente raide ou en freeride. Un bâton légèrement plus long aide sur les longs plats et en ski de fond. En revanche, un bâton nettement trop long redresse le buste et fait reculer le poids : c’est l’erreur la plus visible chez les skieurs mal équipés.

Un bâton par discipline

DisciplineParticularité du bâton
Ski alpinFixe, droit, rondelle réduite
Ski de randonnéeTélescopique, grande rondelle, poignée allongée
Ski de fond classiqueLong, léger, pointe agressive
Ski de fond skatingEncore plus long, jusqu’au menton
Slalom et descenteCintré, épousant la forme du corps
FreerideRobuste, dragonne dégageable, grande rondelle

Ces différences ne sont pas cosmétiques : un bâton de fond utilisé en alpin est ingérable, et l’inverse rend la propulsion impossible.

Le brin, la poignée, la dragonne

La matière. L’aluminium est le standard : bon marché, solide, un peu lourd, et il se plie sans casser, un bâton tordu ramène à la maison, un bâton cassé non. Le carbone est très léger, agréable en randonnée où chaque gramme se monte, mais il casse net sur un choc latéral et coûte cher. Pour la piste, l’aluminium reste le meilleur rapport service-prix.

La poignée se choisit à la main : un plastique dur glisse dès qu’il est mouillé, un caoutchouc ou une mousse accrochent mieux et isolent du froid. Une poignée prolongée sous la prise permet de descendre la main pour une conversion sans changer de longueur.

La dragonne mérite un mot à part. Elle sécurise la prise et permet de s’appuyer sans serrer le poing, ce qui économise beaucoup d’avant-bras sur une journée. Mais elle est aussi à l’origine du « pouce du skieur », l’entorse du ligament du pouce provoquée par une chute où la dragonne force l’écartement. Deux réponses : ne pas y passer la main dans les zones à risque (arbres, hors-piste, ski avec des enfants) ou choisir des poignées à dragonne dégageable.

La rondelle, et les bâtons réglables

La rondelle empêche le bâton de s’enfoncer. Une petite rondelle convient sur piste damée ; une grande rondelle est indispensable en poudreuse et en randonnée, où une petite plonge de trente centimètres à chaque appui. La plupart se changent en quelques secondes : garder les deux paires coûte quelques euros et règle la question.

Les bâtons télescopiques, en deux ou trois brins, sont la norme en ski de randonnée : on les allonge à la montée, on les raccourcit à la descente, on les range sur le sac. Un point d’entretien évite leur panne classique : en fin de saison, desserrer les brins et les faire sécher séparément, l’eau piégée corrodant le système de serrage, qui finit par glisser sous charge. Voir notre guide du ski de randonnée et la rubrique ski.

Reste le cas des enfants, qui grandissent : un bâton réglable, ou une taille achetée pour la saison en cours plutôt que « pour grandir », évite de leur faire skier bras en l’air pendant deux hivers.

Questions fréquentes sur les bâtons de ski


Quelle taille de bâton de ski pour 1m70 ?

Environ 130 cm pour du ski alpin. Le calcul de référence est la taille du skieur multipliée par 0,77, soit 131 cm pour 1,70 m, arrondi à la taille commerciale la plus proche puisque les bâtons se vendent de cinq en cinq centimètres. Vérifiez ensuite par l’essayage : bâton retourné pointe en l’air, main sous la rondelle, le coude doit former un angle droit avec l’avant-bras à l’horizontale.


Quelle taille de bâton de ski de fond dois-je choisir ?

Elle dépend de la technique. En style classique, comptez la taille multipliée par 0,83 à 0,85 environ, le bâton arrivant à hauteur d’épaule ou juste en dessous. En skating, il faut nettement plus long : la taille multipliée par 0,89 à 0,90, le bâton arrivant entre le menton et le nez. Un bâton de fond est donc bien plus long qu’un bâton d’alpin pour la même personne, et les deux ne s’interchangent pas.


Pourquoi les bâtons de ski ne sont pas droits ?

Les bâtons cintrés sont ceux de la compétition de vitesse : slalom géant, super-G et descente. Leur courbure épouse la forme du corps en position de recherche de vitesse : le bâton passe sous le bras et le long du buste sans dépasser, ce qui réduit la traînée aérodynamique. Sur un bâton de loisir, cette courbure n’apporte rien et compliquerait la manipulation : les bâtons de piste et de randonnée restent donc droits.


Est-il bon de marcher avec des bâtons ?

Oui, et le bénéfice est double. Les bâtons réduisent la charge sur les genoux en descente, de façon mesurable, ce qui compte sur les longues randonnées et pour les articulations fragiles. Ils font aussi participer le haut du corps à la propulsion en montée, ce qui répartit l’effort et améliore le rendement. La contrepartie est mineure : on a les mains occupées, et une technique mal réglée fatigue les épaules sans rien apporter.


Quelle est la différence entre un bâton de marche et un bâton de marche nordique ?

Le bâton de randonnée est plus long, souvent télescopique, muni d’une dragonne simple et d’une poignée qu’on tient de façon classique : il sert d’appui et de troisième point de contact. Le bâton de marche nordique est plus court, souvent fixe, et surtout équipé d’un gantelet fixé au poignet qui permet de pousser vers l’arrière en ouvrant complètement la main. Cette différence de poignée n’est pas un détail : c’est elle qui rend possible le geste de propulsion propre à la marche nordique.


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