Pratiquer le snowboard sans blessure
Le snowboard a une signature de blessures très différente de celle du ski, et elle s’explique par la mécanique : les deux pieds sont fixés sur une…
Le snowboard a une signature de blessures très différente de celle du ski, et elle s’explique par la mécanique : les deux pieds sont fixés sur une même planche, ce qui protège les genoux, mais on chute vers l’arrière ou vers l’avant sans pouvoir écarter les jambes, et le réflexe est de se rattraper avec les mains. Le poignet paie le prix de ce réflexe. Voici ce que ça implique concrètement, et ce qui réduit réellement le risque.
Où l’on se blesse, et pourquoi
| Zone | Mécanisme | Qui est exposé |
|---|---|---|
| Poignet | Chute en arrière, main tendue au sol | Surtout les débutants, les premiers jours |
| Épaule et clavicule | Chute en avant, réception sur l’épaule | Tous niveaux, aggravé par la vitesse |
| Tête | Choc sur la neige dure ou un module | Tous niveaux, freestyle en particulier |
| Coccyx et bas du dos | Chute assise sur neige durcie | Débutants et park |
| Genou | Moins fréquent qu’en ski | Rare, les pieds ne tournant pas indépendamment |
La conséquence pratique est simple : les protections utiles en snowboard ne sont pas les mêmes qu’en ski. Un skieur protège ses genoux, un snowboardeur ses poignets.
Les protections qui changent quelque chose
- Les protège-poignets, en attelle rigide ou intégrés à des gants renforcés. C’est la protection au meilleur rapport encombrement-bénéfice pour un débutant, et celle que l’on porte le moins.
- Le casque, sans discussion, et d’autant plus en park ou sur neige dure.
- Le short de protection, avec coques aux hanches et au coccyx. Les deux premiers jours d’apprentissage se passent en grande partie assis dans la neige.
- La dorsale, à partir du moment où l’on prend de la vitesse ou qu’on saute.
Apprendre à tomber, c’est apprendre à ne pas se blesser
C’est l’enseignement le plus rentable des premières heures, et celui qu’on saute le plus souvent. Deux gestes se travaillent consciemment jusqu’à devenir des réflexes.
En arrière : rentrer le menton vers la poitrine pour éviter que la tête ne frappe la neige, et amortir avec les avant-bras plutôt qu’avec les mains ouvertes. C’est exactement l’inverse du réflexe naturel, et c’est ce qui sauve les poignets. En avant : se laisser glisser sur les avant-bras et le buste plutôt que de tendre les bras, en gardant les poings fermés.
Ce qui augmente le risque sans qu’on y pense
- La fatigue de fin de journée. Une part importante des accidents survient sur la dernière descente, quand la vigilance et la force ont baissé. Arrêter une descente avant d’être à bout est une décision technique, pas un renoncement.
- Le froid. Un muscle froid encaisse mal. Les premières descentes du matin se prennent en douceur, et des mains qui ont froid réagissent moins vite.
- Un matériel mal réglé. Des fixations mal orientées forcent les genoux et les hanches à compenser : voir le réglage des fixations. Une planche mal dimensionnée fatigue plus vite.
- Le manque de préparation. Une semaine de ski est un effort auquel un corps sédentaire n’est pas préparé : voir la préparation physique et la reprise après une coupure.
Enfin, la récupération entre deux journées fait partie de la prévention et pas du confort : voir bien récupérer après une grosse journée. Ces pages informent, elles ne remplacent pas un avis médical : toute douleur qui persiste après une chute se fait examiner, en particulier au poignet, où une fracture peut passer pour une entorse.
Questions fréquentes sur les blessures en snowboard
Quelles sont les blessures les plus fréquentes en snowboard ?
Le poignet vient largement en tête, et le mécanisme est toujours le même : une chute en arrière, la main tendue au sol par réflexe. Suivent l’épaule et la clavicule lors des chutes en avant, puis les traumatismes crâniens, le coccyx et le bas du dos. Le genou, à l’inverse du ski, est peu touché : les deux pieds étant fixés sur une même planche, il n’y a pas de rotation différentielle des jambes.
Quel est le risque de blessure en snowboard ?
Il se concentre sur une population et un moment précis : les débutants, pendant les deux ou trois premiers jours, où l’on chute beaucoup et où les réflexes de chute ne sont pas encore acquis. Passé ce cap, la fréquence baisse nettement, mais la gravité peut augmenter avec la vitesse et le freestyle. Les protège-poignets, le casque et l’apprentissage conscient de la chute sont les trois leviers qui agissent réellement.
Est-ce que le snowboard est plus physique que le ski ?
Différemment, plutôt que davantage. Le snowboard sollicite fortement les cuisses et le gainage lors de l’apprentissage, à cause des relevers répétés depuis le sol, et il impose de remonter à pied ou en poussant sur les plats, ce que le ski évite. Le ski, lui, travaille davantage en continu sur les descentes longues. Les deux premiers jours de snowboard sont incontestablement plus éprouvants que les deux premiers jours de ski.
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