Choisir la taille de son snowboard
La taille d’une planche de snowboard ne se choisit pas à la taille du rider, contrairement à ce que dit la vieille règle de la planche…
La taille d’une planche de snowboard ne se choisit pas à la taille du rider, contrairement à ce que dit la vieille règle de la planche « qui arrive au menton ». Elle se choisit d’abord au poids, ensuite à la pointure, et enfin au programme de ride. Une planche mal dimensionnée transforme chaque virage en effort et gâche l’apprentissage. Voici la méthode, dans l’ordre qui compte.
Premier critère : le poids
Une planche est une lame de ressort : c’est le poids du rider qui la fait fléchir, et c’est cette flexion qui déclenche le virage. Trop de poids sur une planche courte et molle, elle s’écrase et devient instable en vitesse ; trop peu sur une planche longue et rigide, elle ne fléchit jamais et refuse de tourner.
| Poids du rider | Longueur indicative |
|---|---|
| 40 à 50 kg | 128 à 142 cm |
| 50 à 60 kg | 138 à 148 cm |
| 60 à 70 kg | 144 à 152 cm |
| 70 à 80 kg | 149 à 157 cm |
| 80 à 90 kg | 154 à 162 cm |
| 90 à 100 kg | 158 à 166 cm |
| Plus de 100 kg | 162 cm et au-delà |
Ce tableau donne une fourchette de départ, pas une taille. Chaque modèle porte sa propre plage de poids constructeur, imprimée sur la planche ou publiée par la marque, et c’est elle qui prime : deux planches de 155 cm de marques différentes n’ont ni la même rigidité ni la même plage d’utilisation. Le bon réflexe est de croiser les deux.
Deuxième critère : la pointure, et la question du wide
C’est le critère le plus souvent oublié, et celui qui provoque le plus de chutes inexplicables. Si la boot dépasse trop des chants de la planche, l’orteil ou le talon touche la neige en virage sur la carre et fait décrocher la planche. On appelle ce phénomène le toe drag ou le heel drag, et il ne se corrige par aucune technique.
La règle pratique : à partir d’une pointure 45 européenne environ, il faut regarder les modèles wide, plus larges au patin. Entre 43 et 45, cela dépend de la largeur de la planche et de la finesse de la coque de la boot, certaines marques construisant des chaussures plus compactes que d’autres à pointure égale. En dessous de 43, la question ne se pose pas, et une planche wide serait même contre-productive : plus large, elle passe plus lentement d’une carre à l’autre.
La vérification se fait planche à plat, boots chaussées et fixations montées : les orteils et le talon doivent dépasser légèrement, d’un centimètre environ de chaque côté, sans plus. Le réglage des fixations permet de rattraper quelques millimètres en décalant les disques, mais pas davantage.
Troisième critère : le programme
- Freestyle et park : 3 à 5 cm sous la taille de référence. Une planche courte pivote plus vite, se manie mieux en switch et pardonne les réceptions approximatives.
- All-mountain : la taille de référence, sans correction. C’est le choix par défaut, et le bon pour débuter.
- Freeride et poudreuse : 3 à 5 cm au-dessus. La surface portante augmente, la planche flotte au lieu de s’enfoncer. Le même raisonnement s’applique au splitboard.
- Débutant : viser le bas de la fourchette. Une planche un peu courte est plus facile à faire tourner, et les deux premiers jours sont ceux qui décident si l’on continue.
Ce que la taille ne dit pas
Deux caractéristiques comptent autant que la longueur et n’apparaissent pas dans le chiffre affiché. La rigidité, notée le plus souvent de 1 à 10 : souple pour le freestyle et l’apprentissage, rigide pour la vitesse et la neige dure. Et le cambre : le cambre classique accroche mieux sur la neige dure, le rocker pardonne davantage et flotte mieux, les profils hybrides cherchant un compromis entre les deux.
Louer une journée avant d’acheter reste le meilleur investissement possible : essayer deux longueurs le même week-end enseigne plus que n’importe quel tableau. Et une planche neuve se prépare avant la première sortie, voir notre guide du fartage. Le reste de l’équipement est traité dans le choix des gants et la rubrique snowboard. Pour un enfant, voir comment l’initier au snowboard.
Questions fréquentes sur la taille d'un snowboard
Comment choisir la taille d'un snowboard ?
En partant du poids, et non de la taille du rider. Chaque planche annonce une plage de poids constructeur : c’est elle qui prime, croisée avec une fourchette générale qui va d’environ 138 à 148 cm pour 50 à 60 kg, jusqu’à 158 à 166 cm pour 90 à 100 kg. On corrige ensuite selon le programme, 3 à 5 cm de moins en freestyle, 3 à 5 cm de plus en freeride. La pointure décide en dernier lieu du besoin d’une planche wide.
Comment choisir la longueur idéale d'une planche à neige ?
La règle de la planche qui arrive au menton est un repère grossier, hérité d’une époque où les planches étaient plus étroites et plus rigides : elle ne tient compte ni du poids ni du programme. La longueur idéale se lit dans la plage de poids du modèle visé, puis s’ajuste au style de ride. Un débutant a intérêt à viser le bas de la fourchette, une planche plus courte tournant plus facilement.
Faut-il choisir un snowboard large (wide) ou non ?
Le wide se justifie à partir d’une pointure d’environ 45 européenne, et se juge à l’essai plutôt qu’au chiffre : boots chaussées et fixations montées, les orteils et le talon ne doivent dépasser des chants que d’un centimètre environ. Au-delà, ils touchent la neige en virage sur la carre et font décrocher la planche. En dessous de cette pointure, une planche wide est un handicap : plus large, elle bascule plus lentement d’une carre à l’autre.
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