Reprendre le ski après une longue pause
Deux ans sans skier, parfois dix, et l’appréhension du premier virage. La bonne nouvelle est que le geste ne se perd pas : le ski est une…
Deux ans sans skier, parfois dix, et l’appréhension du premier virage. La bonne nouvelle est que le geste ne se perd pas : le ski est une compétence motrice, stockée comme le vélo, et elle revient en quelques descentes. Ce qui se perd, en revanche, c’est la force musculaire qui permet de la tenir toute la journée. C’est là qu’il faut travailler.
Ce qui revient seul, ce qui ne revient pas
La technique revient d’elle-même : conduite de virage, équilibre, lecture de la pente sont des automatismes profondément ancrés, qui refont surface après quelques centaines de mètres. Inutile de s’inquiéter de « tout avoir oublié ».
Ce qui ne revient pas seul, c’est la capacité à encaisser. Skier sollicite les quadriceps en contraction excentrique (le muscle freine en s’allongeant) pendant plusieurs heures, un régime qu’aucune activité du quotidien ne reproduit. Un skieur techniquement compétent mais non préparé tient trois heures, puis ses jambes lâchent. Et c’est précisément quand les jambes lâchent que l’on chute.
La deuxième chose qui ne revient pas seule est la confiance. Après une longue interruption (et davantage encore après une blessure) l’appréhension modifie la posture : on se recule, on se raidit, on regarde ses skis. Or le recul est exactement ce qui fait perdre le contrôle. Le cercle est vicieux, et il se casse par la progressivité, pas par la volonté.
Six semaines avant le départ
| Exercice | Ce qu’il prépare | Repère |
|---|---|---|
| Chaise contre un mur | Quadriceps en isométrie | 3 × 45 s, puis allonger |
| Fentes avant | Cuisses, fessiers, équilibre | 3 × 12 par jambe |
| Squats lents à la descente | Le régime excentrique du ski | 3 × 10, descente en 4 s |
| Sauts latéraux | Changement d’appui, chevilles | 3 × 30 s |
| Gainage ventral et latéral | Tronc, transmission des appuis | 3 × 30 s de chaque côté |
| Vélo, marche rapide, natation | Fond, indispensable en altitude | 2 séances par semaine |
Deux à trois séances par semaine pendant six semaines suffisent à changer complètement l’état du troisième jour. Le squat lent à la descente est le plus utile de tous : c’est celui qui reproduit le mieux ce que la piste demandera.
Le matériel, s’il a dormi
Un matériel resté dix ans dans un garage n’est pas un matériel prêt. Trois points à traiter avant de partir.
- Les fixations. Les ressorts se fatiguent et les normes évoluent. Un réglage en atelier, avec pesée et test de déclenchement, est incontournable : c’est ce qui décide de la casse ou non d’un genou en cas de chute. Beaucoup de modèles anciens ne sont d’ailleurs plus réglables par un professionnel.
- Les chaussures. Le chausson se tasse, la coque durcit et le plastique vieillit. Une chaussure de plus de dix ans est à remplacer plutôt qu’à ressortir.
- Les semelles et les carres. Un fartage et un affûtage rendent des skis oxydés à peu près skiables : voir notre article sur le fartage, dont les principes valent aussi pour les skis.
Si le doute existe, la location pour la première semaine règle tout : matériel récent, fixations réglées sur place, et la possibilité d’essayer une largeur ou une longueur différente sans engager d’achat.
La première journée
Elle se joue en trois règles simples. Commencer sur des pistes trop faciles (bleues larges et damées) pendant une heure au moins, avant même de penser à retrouver son niveau. Skier moins longtemps : quatre heures le premier jour, pas huit. Et s’arrêter une descente trop tôt plutôt qu’une descente trop tard : la dernière descente prise par principe alors qu’on est cuit est statistiquement la plus accidentogène de la journée.
Une heure de cours particulier le premier matin est le meilleur rapport qualité-prix d’un retour après longue interruption : un moniteur corrige en dix minutes un recul de bassin qu’on mettrait une semaine à identifier seul. Pour la suite, voir bien récupérer après une grosse journée de ski et la rubrique préparation physique.
Parmi les outils de récupération, voir cet article sur le pistolet de massage, dont l’effet relève du confort plus que de la performance.
Questions fréquentes
»Quand
saison de ski[/gf_lien] ? »]Les stations d’altitude et les glaciers ouvrent quelques secteurs dès la fin octobre ou en novembre. L’ouverture générale des grands domaines se situe autour de la mi-décembre, avant les vacances de Noël, et la saison se poursuit jusqu’à mi-avril en moyenne, jusqu’à début mai pour les stations les plus hautes. Les dates réelles dépendent de l’enneigement : décembre est le mois le plus incertain, février le plus sûr, mars souvent le meilleur compromis entre neige et lumière.
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