Choisir ses chaussures de trail selon le terrain
Découvrez comment choisir vos chaussures trail selon le terrain, l’accroche, le drop, le confort et les conditions humides ou techniques.
La chaussure est le seul achat qui compte vraiment pour débuter en trail, et le seul qu’on ne peut pas rattraper avec de la technique. Une semelle taillée pour la boue ne tient pas sur le rocher sec, et l’inverse est vrai. Deux paramètres décident de tout : le terrain que vous courez réellement, et la pointure, qui n’est pas celle de vos chaussures de ville. Voici comment trancher.
Le terrain d’abord : lire une semelle
Les crampons d’une semelle de trail sont décrits par leur hauteur et leur espacement, et ces deux mesures s’opposent. Des crampons hauts et espacés plantent dans la terre molle et s’auto-nettoient ; des crampons bas et rapprochés offrent une grande surface de gomme au contact, ce qu’exige le rocher.
| Terrain | Crampons | Ce qu’il faut viser |
|---|---|---|
| Boue, herbe, sous-bois humide | 5 mm et plus, espacés | Évacuation de la terre, accroche en dévers |
| Sentier sec, terre battue | 3 à 4 mm, polyvalents | Le compromis, et le bon premier achat |
| Rocher, caillasse, montagne sèche | 2 à 3 mm, gomme tendre | Surface de contact, pare-pierre à l’avant |
| Chemins roulants, piste | Faibles, amorti élevé | Confort sur la durée plutôt qu’accroche |
Une seule paire ne couvre pas tout : si vous courez à la fois en forêt humide et sur du calcaire sec, la paire polyvalente vous laissera insatisfait dans les deux cas, sans jamais vous mettre en danger. C’est le bon choix pour commencer, et le moment d’en acheter une seconde arrive quand un terrain devient dominant.
Le drop et l’amorti
Le drop est la différence de hauteur entre le talon et l’avant-pied, exprimée en millimètres. Un drop élevé, de 8 à 10 mm, sollicite moins le mollet et le tendon d’Achille : c’est le choix par défaut quand on vient de la route. Un drop bas, de 0 à 4 mm, rapproche du travail naturel du pied mais demande une adaptation progressive de plusieurs semaines, faute de quoi le tendon proteste.
L’amorti se choisit à la distance, pas au niveau : plus la sortie est longue, plus l’amorti protège. Sur les descentes, qui sont ce qui détruit les cuisses en trail, un amorti généreux fait une vraie différence sur la récupération du lendemain. Voir la préparation physique, et notamment le travail excentrique qui prépare les descentes.
La pointure : le point où l’on se trompe
Une chaussure de trail se prend une demi-pointure à une pointure au-dessus de sa pointure de ville, et ce n’est pas une marge de confort : c’est une nécessité mécanique. Le pied gonfle à l’effort et à la chaleur, et surtout, en descente, il glisse vers l’avant à chaque appui. Sans espace devant les orteils, l’ongle du gros orteil vient buter contre la chaussure des centaines de fois par descente : c’est l’origine des ongles noirs, qui n’ont rien d’une fatalité.
La vérification se fait debout, chaussure lacée : il doit rester un travers de pouce entre le plus long orteil et le bout. Essayez en fin de journée, pieds déjà gonflés, avec les chaussettes que vous porterez réellement. Le laçage compte autant que la taille : un talon bien verrouillé empêche le pied d’avancer, ce qui règle une partie du problème.
Membrane imperméable : oui ou non
Une membrane garde le pied sec sous la pluie et dans l’herbe mouillée, mais elle a deux revers qu’aucune publicité ne mentionne : elle évacue moins bien la transpiration, donc chauffe l’été, et surtout, une fois de l’eau entrée par le col, elle l’empêche de sortir. Sur un terrain où l’on traverse des ruisseaux, une chaussure non membranée qui draine et sèche vite est souvent le meilleur choix. La membrane se justifie en hiver, en montagne humide, et avec des guêtres.
Pour le reste, nos cinq conseils pour courir en montagne et les bases du premier trail complètent l’équipement. Voir aussi la rubrique trail et, pour le même terrain en marchant, la randonnée.
Questions fréquentes sur les chaussures de trail
Faut-il prendre une taille au dessus pour les chaussures de trail ?
Oui, d’une demi-pointure à une pointure selon les marques, et ce n’est pas un excès de prudence. Le pied gonfle à l’effort et glisse vers l’avant à chaque appui en descente : sans marge, les orteils butent contre le bout des centaines de fois par sortie, ce qui provoque les ongles noirs. Le repère est un travers de pouce entre le plus long orteil et le bout, chaussure lacée et debout.
Quelle pointure prendre en trail ?
Partez de votre pointure de ville, ajoutez une demi-pointure pour les sorties courtes sur terrain roulant, et une pointure entière pour les sorties longues et montagneuses. Les marques ne chaussent pas pareil, notamment sur la largeur de l’avant-pied : la pointure indiquée compte moins que l’essai. Faites-le en fin de journée, pieds gonflés, avec vos chaussettes de course.
Comment choisir les chaussures de trail idéales pour moi ?
Dans cet ordre : le terrain que vous courez vraiment, qui détermine la hauteur et l’espacement des crampons ; la distance visée, qui détermine l’amorti ; le drop, élevé si vous venez de la route, bas seulement après une adaptation progressive ; et la pointure, une demi-taille à une taille au-dessus. La marque et le modèle du moment ne viennent qu’après ces quatre points, et ils comptent bien moins.
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