Les peaux de phoque : tout ce qu’il faut savoir
Les peaux de phoque sont la pièce du ski de randonnée dont dépend toute la montée, et celle qu’on entretient le plus mal. Le nom vient…
Les peaux de phoque sont la pièce du ski de randonnée dont dépend toute la montée, et celle qu’on entretient le plus mal. Le nom vient de l’origine : au début, c’étaient de vraies peaux de phoque, dont les poils couchés dans un sens laissaient glisser vers l’avant et accrochaient vers l’arrière. Le principe n’a pas changé, la matière si. Voici comment les choisir, les poser, et les faire durer.
Trois matières, trois compromis
| Matière | Glisse | Accroche | Durée de vie |
|---|---|---|---|
| Mohair | Excellente | Correcte | La plus courte |
| Synthétique | Moyenne | Excellente | La plus longue |
| Mixte, mohair et synthétique | Bonne | Bonne | Bonne |
Le compromis est toujours le même : ce qui glisse accroche moins. Le mohair, poil naturel, glisse remarquablement et fait gagner de l’énergie sur les longues approches plates, mais il s’use plus vite et pardonne moins sur une trace raide et dure. Le synthétique accroche partout et dure des saisons, au prix d’une glisse médiocre. Le mixte est le bon choix par défaut, et celui que la plupart des pratiquants finissent par adopter.
La découpe, à faire une fois pour toutes
Une peau se vend souvent brute, à découper à la forme du ski. La règle : on découpe pour laisser les carres libres, de deux à trois millimètres de chaque côté. Une peau qui recouvre les carres empêche le ski de mordre en dévers, ce qui est exactement ce dont on a besoin quand la trace se durcit. C’est l’erreur de découpe la plus fréquente, et elle ne se rattrape pas.
À l’avant, la peau se fixe par un étrier à la spatule ; à l’arrière, par un crochet de talon, qui n’est pas systématique mais qui évite qu’elle se décolle en fin de journée quand la colle a pris l’humidité.
Les trois ennemis de la colle
- L’humidité. Une peau rangée mouillée perd son adhérence. On la fait sécher à température ambiante, à plat, jamais sur un radiateur : la chaleur directe fait migrer la colle.
- Le froid extrême. Une colle glacée n’adhère plus. Par grand froid, on garde les peaux au chaud, sous la veste, jusqu’au moment de les poser.
- Les saletés. Poser une peau sur une semelle sale ou sur de la neige colle des débris qui ne partiront plus. On essuie la semelle avant.
Un geste change tout au quotidien : on replie la peau sur elle-même, colle contre colle, ou sur son filet de protection, mais jamais en boule dans le sac. Et l’on réencolle une fois par saison ou deux : c’est une opération simple, au fer, qui redonne plusieurs années à une paire qu’on croyait morte.
Le sabot, et comment l’éviter
Le sabot est la neige qui s’agglomère sous la peau et forme des semelles de plusieurs centimètres, généralement au printemps quand la neige est humide et que l’on passe de l’ombre au soleil. On avance alors sur des échasses, et le poids devient considérable.
Deux réponses : un fart anti-sabot, appliqué sur les poils avant la sortie, et le geste de terrain qui consiste à frapper la peau avec le bâton à chaque pas dès que ça commence. Ne rien faire n’est pas une option : le sabot ne se résorbe pas tout seul.
Pour le reste du matériel et ce que la pratique engage, voir notre guide pour débuter en sécurité et la rubrique ski de randonnée. En planche, le même principe s’applique au splitboard, dont les peaux sont découpées à la forme des deux demi-planches.
Questions fréquentes sur les peaux de phoque
Pourquoi appelle-t-on ça des peaux de phoque ?
Parce qu’à l’origine c’en étaient. Les premiers skieurs de randonnée fixaient sous leurs skis de véritables peaux de phoque, dont les poils couchés dans un seul sens laissaient glisser le ski vers l’avant et l’empêchaient de reculer. Le principe est resté identique, la matière a changé : les peaux actuelles sont en mohair, en fibre synthétique ou en mélange des deux, et aucune n’utilise plus de peau animale de phoque.
Comment entretenir ses peaux de phoque ?
Trois règles suffisent. Les faire sécher à température ambiante et à plat après chaque sortie, jamais sur un radiateur, la chaleur directe faisant migrer la colle. Les replier colle contre colle ou sur leur filet, jamais en boule dans le sac. Et les réencoller au fer une fois par saison ou deux, opération simple qui redonne plusieurs années à une paire qu’on croyait perdue. Par grand froid, on les garde au chaud sous la veste avant de les poser.
Comment éviter que la neige colle sous les peaux ?
Ce phénomène s’appelle le sabot : la neige humide s’agglomère sous la peau et forme des semelles de plusieurs centimètres, typiquement au printemps en passant de l’ombre au soleil. On le prévient avec un fart anti-sabot appliqué sur les poils avant la sortie, et on le traite sur le terrain en frappant la peau avec le bâton à chaque pas dès que ça commence. Il ne se résorbe pas tout seul.
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