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Hébergements d’altitude

Préparer sa première nuit en refuge en altitude

Découvrez comment préparer une première nuit en refuge en altitude : sac à dos, équipement, organisation et conseils pratiques.

Par Publié Mis à jour Lecture 4 min

Un refuge n’est ni un hôtel ni un camping : c’est une maison collective posée là où il n’y a rien d’autre, avec ses horaires, ses règles et son économie propre. Une première nuit s’y passe très bien à condition de savoir à quoi s’attendre : et la plupart des mauvaises surprises viennent d’une seule chose, ne pas avoir réservé. Voici comment préparer la sienne.

Ce qu’est un refuge, et ce qu’il n’est pas

Un refuge gardé propose un lit en dortoir, un repas du soir et un petit-déjeuner, de l’eau et un abri. Il ne propose ni chambre individuelle, ni serviettes, ni douche chaude systématique : l’eau y est souvent produite sur place et strictement comptée. L’électricité vient généralement de panneaux solaires, ce qui explique l’extinction des lumières tôt et l’absence de prises libres.

Il faut distinguer trois formules, parce que ce qu’on emporte en dépend entièrement.

TypeCe qu’on y trouveCe qu’il faut apporter
Refuge gardéRepas, couvertures, gardienDrap de sac, affaires personnelles
Refuge non gardéUn toit, parfois des couverturesNourriture, réchaud, duvet
Cabane ou abriUn espace clos, rien de plusTout, y compris l’eau

Réserver, et pourquoi c’est obligatoire

C’est le point qui surprend le plus les nouveaux venus : on ne se présente pas à un refuge sans avoir réservé. Un refuge a un nombre de places fixe, il commande ses vivres par hélicoptère ou à dos d’homme, et il n’a aucun moyen d’improviser un repas supplémentaire. En haute saison, les refuges les plus fréquentés se remplissent plusieurs semaines à l’avance.

Deux conséquences pratiques. La première : prévenir en cas d’annulation, y compris et surtout pour cause de météo : une place non annulée est une place perdue et un repas gaspillé. La seconde : préciser au moment de la réservation les régimes alimentaires et l’heure d’arrivée prévue, le gardien organisant ses services en fonction.

Enfin, une carte d’adhérent à un club alpin donne droit à un tarif réduit dans un large réseau de refuges, en France comme dans les pays voisins. Sur deux ou trois nuitées, elle est déjà rentabilisée.

Ce qu’on met dans le sac

  • Le drap de sac, en soie ou en coton. Il est obligatoire dans la quasi-totalité des refuges gardés, qui fournissent la couverture mais pas le linge de lit.
  • Des bouchons d’oreilles. Ce n’est pas une plaisanterie : un dortoir de vingt personnes est bruyant, et ils font la différence entre une nuit correcte et une nuit blanche.
  • Une frontale, indispensable pour les départs de nuit et pour se déplacer sans réveiller le dortoir.
  • Des espèces, beaucoup de refuges d’altitude n’ayant pas de terminal de paiement fiable.
  • Une gourde et des chaussons ou chaussettes épaisses, les chaussures restant à l’entrée.
  • Une couche chaude pour le soir : même en août, la température chute dès le coucher du soleil.

Ce qu’on n’emporte pas : la serviette de bain, le duvet, le nécessaire de cuisine, les vêtements de rechange en surnombre. Chaque kilo se monte à pied, et un premier séjour en refuge est presque toujours l’occasion de découvrir qu’on a pris trop de choses.

Le déroulé d’une soirée

On arrive généralement en milieu ou fin d’après-midi. On laisse ses chaussures au local prévu, on se présente au gardien, on récupère sa place en dortoir. Le repas du soir est servi à heure fixe, souvent tôt et à table commune : c’est un moment très particulier de la vie en montagne, où l’on partage sa table avec des cordées qu’on ne connaît pas.

L’extinction des feux tombe tôt, vers vingt-et-une ou vingt-deux heures, parce que les départs le sont aussi. Dans un refuge d’alpinisme, le petit-déjeuner peut être servi à trois ou quatre heures du matin : préparer son sac la veille au soir, en bas, et non dans le dortoir à l’aube, fait partie des usages.

Bien dormir en altitude

La plupart des refuges se situent entre 2 000 et 3 000 mètres, altitude à laquelle le sommeil est physiologiquement moins bon : la respiration ralentie de la nuit fait chuter l’oxygénation, le corps y répond par des cycles irréguliers, et l’on se réveille souvent. C’est normal et sans gravité : voir nos explications sur le mal des montagnes et le sommeil en altitude.

Trois gestes aident réellement : boire davantage dans l’après-midi, l’air sec déshydratant plus qu’on ne le sent ; éviter l’alcool, qui dégrade nettement la respiration nocturne à cette altitude ; et ne pas s’inquiéter d’une nuit hachée, qui n’empêche pas de partir en forme le lendemain. Pour choisir le reste de l’hébergement d’un séjour, voir comment choisir son hébergement selon son sport, et la rubrique hébergements d’altitude.

Questions fréquentes sur la nuit en refuge


Comment se passe une nuit en refuge ?

On arrive en fin d’après-midi, on laisse ses chaussures à l’entrée, on se présente au gardien et on s’installe en dortoir, sur un matelas avec couverture : le drap de sac est à apporter. Le repas du soir est servi à heure fixe, à table commune. Les lumières s’éteignent tôt, souvent vers vingt-et-une heures, car les départs du lendemain sont matinaux, parfois avant l’aube. Douche et eau chaude ne sont pas systématiques : l’eau est produite sur place et comptée.


Est-il possible de dormir dehors en montagne ?

Le camping est interdit dans les parcs nationaux et dans de nombreux espaces protégés, mais le bivouac y est le plus souvent toléré sous conditions strictes : tente montée après dix-neuf heures et démontée avant sept heures, à une heure de marche au moins des accès routiers, et hors de certaines zones sensibles. Les règles varient d’un parc à l’autre et sont publiées par chaque gestionnaire : les consulter avant de partir est indispensable, l’infraction étant verbalisable.


Quel est le matériel indispensable pour un randonneur ?

Pour une nuit en refuge gardé, la liste est courte et tient dans un petit sac : drap de sac obligatoire, frontale, bouchons d’oreilles, espèces, gourde, une couche chaude pour le soir et des chaussettes épaisses, les chaussures restant à l’entrée. Pour la randonnée elle-même s’ajoutent la carte ou la trace, un coupe-vent, de l’eau, de quoi manger et une petite trousse de secours. Ce qu’on laisse : serviette, duvet, vêtements de rechange en surnombre.


Que dois-je prendre pour une nuit en refuge ?

Un drap de sac, obligatoire dans la quasi-totalité des refuges gardés qui fournissent la couverture mais pas le linge de lit. Des bouchons d’oreilles, une frontale, des espèces (beaucoup de refuges d’altitude n’ont pas de terminal de paiement fiable), une gourde, des chaussettes épaisses ou des chaussons, les chaussures restant à l’entrée, et une couche chaude pour le soir. Ce qu’on laisse : serviette de bain, duvet, nécessaire de cuisine et vêtements de rechange en surnombre.


Que faire pour son premier bivouac ?

Le bivouac obéit à d’autres règles que le refuge, et elles sont strictes dans les espaces protégés : tente montée après dix-neuf heures et démontée avant sept heures, à une heure de marche au moins des accès routiers, hors des zones sensibles. Chaque parc publie les siennes, à consulter avant de partir. Sur le terrain, choisissez un replat abrité du vent plutôt qu’un sommet, éloignez-vous des ravines, et prévoyez une isolation du sol : c’est par le sol qu’on a froid, pas par l’air.


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