Qu’est-ce que le skate de descente ?
Une route de col fermée, une planche, et cent kilomètres-heure atteints sans moteur. Le skate de descente (downhill en anglais) est la branche du skateboard qui…
Une route de col fermée, une planche, et cent kilomètres-heure atteints sans moteur. Le skate de descente (downhill en anglais) est la branche du skateboard qui a le moins à voir avec le skatepark : aucune figure, aucun module, seulement de la vitesse, une trajectoire et la capacité à ralentir sans freins. Voici ce qu’est réellement cette discipline, comment on y entre et à quel prix en termes de sécurité.
Une discipline de vitesse, pas de figures
Le downhill est né en Californie dans les années 1970, en même temps que le longboard, quand des surfeurs ont cherché à retrouver la sensation de la vague sur les routes des collines. Il s’est structuré depuis en discipline autonome, avec ses compétitions chronométrées, ses fédérations et son matériel spécifique.
L’objectif n’est jamais le trick mais le contrôle de trajectoire à haute vitesse. Un rider expérimenté évolue entre 60 et 100 km/h sur une route de montagne ; les records de vitesse en position debout dépassent les 130 km/h. À ces allures, un skateboard n’a ni frein ni suspension : tout repose sur la lecture de la route, le placement du corps et la maîtrise du dérapage.
Le matériel, et pourquoi il diffère
| Élément | Skate de rue | Skate de descente |
|---|---|---|
| Planche | Courte, concave, avec kicks | Longue et basse, souvent à plateau creusé |
| Trucks | Étroits, réactifs | Larges, angle faible, très stables |
| Roues | Petites et dures | Grandes, tendres, à large bande de roulement |
| Roulements | Standard | Haute précision |
| Protection | Casque, genouillères | Casque intégral, combinaison, gants de slide |
Le gant de slide mérite un mot : c’est une pièce propre à la discipline, munie de palets de plastique dur sur la paume, qui permet de poser la main au sol en virage sans se brûler. Il n’est pas un accessoire mais un outil de pilotage, puisqu’une partie des techniques de freinage passe par l’appui de la main.
Le casque intégral homologué, du type de ceux utilisés en moto ou en descente VTT, est le seul acceptable au-delà d’une vitesse de course à pied. Un casque de skate classique, ouvert et sans mentonnière, ne protège pas le visage : qui est ce qui touche le sol en premier lors d’une chute avant.
Ralentir : le vrai apprentissage
Un débutant apprend d’abord à s’arrêter, ensuite à descendre. L’ordre est non négociable, et c’est la règle que la discipline transmet le plus fermement.
- Le footbrake. Poser un pied à plat au sol et exercer une pression progressive. Technique de base, efficace jusqu’à environ 40 km/h, à maîtriser parfaitement avant tout le reste.
- Le carving. Enchaîner de grandes courbes d’un bord à l’autre de la chaussée pour dissiper la vitesse par le frottement latéral. Ne fonctionne que sur route large et dégagée.
- Le slide. Faire déraper les roues volontairement en travers, main posée au sol ou non. C’est le frein réel du downhill, et le geste qui demande le plus de temps à acquérir : plusieurs mois de pratique régulière.
La progression logique consiste donc à commencer sur une pente très douce avec une planche polyvalente, à travailler le footbrake jusqu’à l’automatisme, puis le slide sur un parking en pente légère, et seulement ensuite à envisager une vraie descente. Beaucoup de blessures graves viennent de riders qui ont acheté un setup de descente avant de savoir s’arrêter : voir nos conseils pour débuter le skateboard pour les fondamentaux.
Où pratiquer, et dans quel cadre
Les routes de montagne sont le terrain naturel de la discipline : pente régulière, virages enchaînés, revêtement souvent de bonne qualité. Les cols alpins et pyrénéens, certaines routes du Massif central et des Vosges, sont fréquentés par les riders français.
Le point à ne pas contourner est le cadre légal. Un skateboard n’est pas un véhicule autorisé sur la chaussée : la pratique sur route ouverte est interdite, et elle expose surtout à un danger réel, celui du véhicule qui monte dans un virage sans visibilité. La seule pratique tenable passe par des routes fermées, lors d’événements organisés avec les communes, ou sur des sites privés autorisés. C’est aussi là que se trouvent les riders expérimentés qui font progresser un débutant plus vite que n’importe quelle vidéo.
Ce que ça demande physiquement
Contrairement au skate de rue, l’effort n’est pas explosif mais postural : on tient une position accroupie, jambes fléchies, dos bas et épaules engagées, pendant toute la durée de la descente. Ce sont donc les cuisses, les fessiers et les muscles profonds du tronc qui travaillent, exactement comme dans une longue descente à ski, avec la même fatigue en fin de course et la même perte de lucidité si l’on enchaîne trop de runs.
La récupération et le dosage comptent donc autant que la technique. Pour les autres pratiques de glisse en montagne l’été, voir les activités de montagne à découvrir en été, et la rubrique skate pour le reste de la discipline.
La discipline est encadrée au niveau international par World Skate, l’instance officielle reconnue par le Comité international olympique, qui régit le skateboard et sanctionne les records de vitesse.
Questions fréquentes sur le skate de descente
Qu'est-ce qu'un trick en skate ?
Un trick est une figure, c’est-à-dire un mouvement codifié associant un saut, une rotation de la planche ou du corps, ou un glissement sur un obstacle : l’ollie, le kickflip et le grind en sont les exemples les plus connus. C’est le cœur du skate de rue et de park. Le skate de descente n’en utilise pas : sa technique repose sur les trajectoires, le carving et les slides de freinage, qui sont des gestes de contrôle et non des figures.
Quelle est la différence entre un skate et un longboard ?
La longueur et la destination. Un skateboard classique mesure autour de 80 cm, avec des extrémités relevées qui permettent le saut et les figures : il est fait pour le street et le park. Un longboard dépasse le mètre, reste plat, monte des roues plus grandes et plus tendres, et vise la glisse : se déplacer, carver, descendre. Le skate de descente est une spécialisation du longboard, avec une planche basse, des trucks à faible angle et des roues larges taillées pour la vitesse.
Quel est le meilleur skate pour débuter ?
Pas un setup de descente, précisément. Pour commencer, une planche polyvalente et stable (cruiser ou longboard de taille moyenne, roues tendres) permet d’acquérir l’équilibre, le carving et surtout le footbrake sur terrain plat ou en pente très douce. Le matériel spécifique à la descente, planche basse et trucks à faible angle, ne devient utile qu’une fois le freinage automatique. Beaucoup de blessures graves viennent de riders équipés pour la vitesse avant de savoir s’arrêter.
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